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Guide pratique

Histoire du sentier des douaniers

On appelle « sentier des douaniers » le chemin qui longe la côte au plus près de la mer. Son nom rappelle les rondes des agents des douanes chargés de surveiller le rivage ; aujourd’hui, il porte le balisage du GR 223 et un droit de passage inscrit dans la loi.

Informations vérifiées le 01/11/2026.

Les douaniers et la côte

Sous l’Ancien Régime, la perception des droits et des taxes était confiée à la Ferme générale : à partir de 1680, des fermiers généraux versaient un bail au Trésor et conservaient l’excédent des sommes perçues. La Révolution remplace ce système par une administration d’État : la régie des douanes nationales est créée le 1er mai 1791.

Le sentier du littoral est traditionnellement présenté comme l’héritier du chemin créé à cette époque par l’administration des douanes pour surveiller les côtes. En 1831, la douane adopte une organisation militaire, civile en temps de paix et intégrée aux armées en temps de guerre, qu’elle garde jusqu’à l’armistice de juin 1940.

Dans le Cotentin

Dans la Manche, le chemin a servi jusqu’au début du XXe siècle à surveiller les côtes pour empêcher ou limiter la contrebande. Les archives consultées ne donnent pas de date précise pour la fin des rondes dans le Cotentin.

Le chemin de ronde est ensuite devenu un atout pour le tourisme. Les phares, sémaphores, redoutes et forts qu’il relie racontent la même histoire de surveillance de la mer : les tours de Vauban à Saint-Vaast-la-Hougue, le phare de Gatteville, le fort du cap Lévi, le sémaphore de la Hague ou le phare de Carteret.

Un droit de passage le long de la mer

Depuis la loi du 31 décembre 1976, les propriétés privées qui bordent le domaine public maritime supportent une servitude de passage des piétons. La loi « Littoral » du 3 janvier 1986 y a ajouté une servitude transversale, qui garantit l’accès au rivage.

  • La servitude longitudinale est une bande de 3 m de large, réservée au seul passage des piétons (code de l’urbanisme, article L121-31).
  • L’État peut en modifier le tracé, après avis des communes et enquête publique, pour assurer la continuité du cheminement ou l’accès au rivage, et exceptionnellement la suspendre (article L121-32).
  • Sauf si c’est le seul moyen d’assurer la continuité du chemin, elle ne peut pas passer à moins de 15 m d’une maison bâtie avant le 1er janvier 1976, ni dans un terrain clos de murs à cette date (article L121-33).

Dans la Manche, près de 110 km de littoral n’ont pas de sentier au sens de cette servitude. La continuité y est souvent assurée par le GR 223 sur des terrains publics, mais il reste environ 40 km de « points noirs » où le cheminement en bord de mer n’est pas satisfaisant : routes, passages submersibles, falaises qui reculent.

Du chemin de ronde au GR 223

La Fédération française de la randonnée pédestre a balisé ces chemins côtiers pour créer le GR 223, « Littoral de la Normandie ». Il compte plus de 660 km, de Honfleur, sur l’estuaire de la Seine, au Mont-Saint-Michel, où il rejoint le GR 34.

Dans la Manche, il prend le nom de « Tour du Cotentin » : environ 446 km de la baie des Veys au Mont-Saint-Michel, en 23 étapes officielles, avec le balisage blanc et rouge des GR. La portion décrite sur ce site, de Carentan à Barneville-Carteret, en couvre un peu plus de la moitié. En 2024, 10 721 randonneurs itinérants ont parcouru le GR 223 dans la Manche ; les étapes de La Hague sont les plus fréquentées.

Sources